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Éditorialiste international - Les Echos

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Plateau iranien en tête de pont de la sécurité territoriale chinoise L'un des six articles aujourd'hui de "Machiavel", la note stratégique des "Echos", au croisement de la géopolitique et de l'économie. ▪️ Métastases plus graves Par sa guerre d'Iran, l'Amérique court à sa perte. Cette thèse est déclinée en Chine sous toutes les formes. Maniant la métaphore médicale, un chroniqueur du portail guancha.cn, Chen Feng, prévient qu'une "chirurgie anticancéreuse incomplète ne peut qu'entraîner des métastases plus graves et plus étendues". La plateforme financière wallstreet.cn (Shanghai), très répandue, soutient que le conflit est "en train de couper l'artère principale du système financier américain". Le blocus du détroit d'Ormuz affecte "une bouée de sauvetage invisible […] : le cycle du pétrodollar", est-il affirmé. A l'inverse, pour la Chine, "les pertes sont évidentes, mais supportables, comme en témoigne la relative stabilité de son marché boursier", écrit Zhou Bo, chercheur au Centre d'études stratégiques et de sécurité de l'Université Tsinghua (Pékin), dans une tribune publiée le 20 mars par guancha.cn. https://lnkd.in/e5wjca9Z ▪️ Premier pare-feu Par contraste, en se référant à des textes antérieurs, on peut aussi penser que la Chine redoute que Washington parvienne à ses fins en soumettant Téhéran. La lettre britannique sinification.org met en lumière un article d'avril 2013, rédigé par Zhang Wenmu, stratège de l'Académie chinoise des sciences sociales, intitulé "Le plateau iranien : une « tête de pont » pour la sécurité de la frontière occidentale de la Chine". L'Iran y était décrit en tant que "premier pare-feu pour la sécurité de la Chine à sa frontière occidentale", comme jadis il le fut face à l'Empire britannique ou la Russie tsariste. Dans le raisonnement de Zhang Wenmu, ce sont "les pays du plateau iranien, et non l'Inde, qui ont résisté avec succès à l'expansion vers l'est de l'Empire romain", et de nos jours [en 2013], "ce sont eux, et non l'Inde, qui […] freinent l'expansion de l'Alliance atlantique vers l'est". https://lnkd.in/e6TmESfR
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Assèchement brutal des finances d'un Irak entraîné vers la guerre Extraits d’un des six articles ce matin de « Machiavel », la note stratégique des « Echos » au croisement de la géopolitique et de l'économie. ▪️ Stocks saturés Le Trésor irakien perd quotidiennement près de 128 millions de dollars (110 millions d'euros) en raison de l'arrêt forcé de la production des champs pétroliers de Rumaila (sud-est) et de la région du Kurdistan (nord-est). Les structures de stockage sont saturées. L'Observatoire Eco Iraq (Badgad) a communiqué ses calculs le 3 mars : le manque à gagner porte sur environ 1,6 million de barils de brut par jour. Une interruption d'une semaine pourrait coûter à l'Etat quelque 900 millions de dollars. Si ces fermetures se prolongeaient, les pertes pourraient dépasser 3,8 milliards de dollars en un mois, en prenant en compte les coûts techniques liés à la fermeture et au redémarrage des puits. https://lnkd.in/emKQcXuE ▪️ Vendre à crédit « Cela exerce une pression directe sur le budget général, qui dépend des recettes pétrolières à plus de 90 % », prévient cette plateforme privée d'analyse. Le lendemain, il a été rapporté une suspension des versements des allocations sociales, faute de liquidités. Dans un entretien à l'agence de presse irakienne Shafaq, l'économiste Mohammed Al-Hassani émet l'idée de ventes à crédit de ce pétrole bloqué, « en commercialisant de futures expéditions avec des contrats à court terme afin de se garantir des liquidités immédiates ». En outre, l'expert recommande un renforcement de « la coordination sécuritaire entre Bagdad et Erbil », capitale du gouvernement régional du Kurdistan irakien, « afin de garantir la stabilité des champs pétrolifères du Kurdistan et d'empêcher l'extension des fermetures préventives ». (...) ▪️ Factions pro-iraniennes Autre paramètre redouté à Bagdad, celui des deux mouvements chiites irakiens soutenus par Téhéran, Kataib Hezbollah et Harakat al-Nujaba. Selon la chaîne arabophone Al Hurra, financée par le Congrès américain, les services de sécurité irakiens affirment que ces factions liées au corps iranien des Gardiens de la révolution islamique ont dressé une liste de cibles le long du Golfe. « Dans le cadre d'un conflit prolongé, elles pourraient cibler les investissements américains dans les gisements de gaz et de pétrole irakiens », avance le quotidien saoudien « Asharq al-Awsat ». « L'Irak subit désormais directement les conséquences de la guerre », constate le ministre irakien des Affaires étrangères, Fuad Hussein (issu du Parti démocratique du Kurdistan irakien), avertissant que « la poursuite du conflit […] créera le chaos ».
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