❓❓❓Un s*laud d est-il un s*laud ?
Oui ? Non ? Peut-être ?
J’étais dimanche à la première de «Les rayons et les ombres», le film dont tout le monde parle, et je vous livre mon questionnement (malaise ?).
A lire les critiques, je dois être la seule à émettre des réserves sur ce film.
Face à cette unanimité unanime, j’assume d’apporter un peu de controverse.
Le pitch du film ? On assiste pendant 3H10’ à l’évolution d’un homme, qui, de pacifiste, chantre de la réconciliation franco-allemande aux lendemains de la 1ere guerre mondiale, devient peu à peu un collaborationniste du régime nazi, et un affairiste véreux et opportuniste, emmenant dans sa dérive sa fille, jeune actrice hyper douée.
C’est par elle qu’on voit ces 6 années de guerre, alors qu’elle est exclue de la société, condamnée à l’indignité nationale. Cet homme, c’est Jean Luchaire, un journaliste reconnu, et sa fille Corinne Luchaire, comédienne oubliée. L’histoire est vraie mais c’est une fiction.
Le projet ? Le metteur en scène Xavier Gianolli nous a dit (je cite) vouloir explorer la « complexité de l’Humain ».
« Derrière le pire des s*alaud il y a de l’Humanité ». C’est cette ambiguïté qu’il veut montrer.
Des preuves ?
- Jean Luchaire (incarné par Jean Dujardin) aime sa fille !
- Il écrit être antisémite (une lettre à l’écrivain Céline) mais il ne l’est pas vraiment.
- Sa fille est jeune, elle aime ce papa hors normes qui la fascine et elle ne voit pas ce qui se passe.
- Tous deux sauvent une famille de Juifs, rendent des « petits services » à des victimes de la guerre (le parti pris est de ne rien voir de cette guerre).
- Et en plus, ils sont tous les 2 tuberculeux donc condamnés à mourir à court terme (carpe diem ?).
On le sait, les pires dictateurs, les tortionnaires les plus sadiques aiment leurs enfants, ou les petits chats, selon.
Le s*laud chimiquement pur n’existe pas !C’est une donnée universelle.
Mon problème avec ce film ?
C’est son côté démonstratif fait de petits clins d’œil, de sourcils soulevés, de sourires complices, de regards affectueux, de moues de réprobation.
D’expliquer, on nous amène à comprendre, et même à excuser.
Une empathie étrange entre le phénomène et celui qui le scrute.
Le film nourit avec subtilité le relativisme qui anime notre quotidien face à des comportements inadmissibles : « il n’est pas si méchant que ça! », « on peut lui laisser sa chance », « il fait bien son travail » !
Comme le rappelle le réquisitoire du procureur général Lindon lors du procès de Luchaire, il y a des lignes rouges, au regard de la loi, et de la Morale.
Le réalisateur m’a dit que le malaise que je ressentais été justement son but.
Je ne pense pas qu’on parle du même malaise !
Je vous laisse regarder ce film et vous faire votre propre opinion.
Et on en reparle ?
PS : tout peut se mettre au féminin bien évidemment !
#Humain